Anathème # 80
Son intuition ne le trompe que très rarement… Francklin n'y résiste pas longtemps, prend ses clés, et donne sa destination au planton du comptoir de réception en claquant sans ménagement la porte du poste de police.Enfin sorti de ce bureau qui depuis le matin l'empêche de respirer, l'opprime, il va pouvoir inspecter les lieux à sa guise, sans témoin, laissé sa curiosité éclater… La tête en ébullition, il se rend à l'appartement de Vic, y chercher le cahier intime de l'institutrice. La clé de l'énigme s'y trouve, c'est maintenant certain !! Un pressentiment lui chatouille la nuque, et c'est dans cet état d'esprit qu'il stoppe son véhicule devant la petite église toujours aussi bien conservée. Ici et là des buissons on prit d'assaut la devanture de la petite église, mais des traces de pas sont bien visibles sur le sable qui mène à la porte mal fermée et toute brinquebalant. Un coup d'œil vite fait lui prouve qu'il n'y a pas âme qui vie pour le moment à l'intérieur… Même si la verdure cache en totalité l'arrière de l'église il s'y glisse en pestant contre les orties et les ronciers qui lui barrent le passage. Après maintes grimaces de douleurs et des jurons à n'en plus finir, il parvient enfin à la porte du vieux cimetière à l'abandon de derrière l'édifice religieux. Il pousse le vieux portail de fer rouillé et se faufile… Souvent les morts et leur tombe parle bien plus que les vivant et leur langue !! Des pierres funéraires sont tombées, d'autres cassées, verdies par le temps et les intempéries. L'atmosphère de l'endroit est des plus spéciaux. On se croirait de retour dans le passé, des dates vieilles de cent ans pratiquement effacées par le temps, des hommes, des femmes témoins certainement du mystère dans le quel il patauge ces temps ci.
Il se sent attiré vers le fond de ce terrain sur le quelle il distingue un haut mur de pierre, et en approchant de plus près il découvre un monument de pierre blanche avec sur le devant deux croix et une épitaphe au centre, quatre colonnes blanche décorent les cotés d'une porte de pierre brunie par le temps. Curieusement pas de poignée sur la porte, pas de verrou, comme ci on avait voulu être certain que si un mystère s'y cachait il y resterait bien gardé.
Au dessus de l'arche de la porte des inscriptions encore visible ‘'Le dortoir des anges''.

Que signifiait donc cette inscription? En regardant autour il ne vit aucune date, aucun nom d'enfant, pourtant le mot ange dans un cimetière désigne bien l'enfant. Il scrute l'épitaphe pour y trouver un ou des noms, mais le temps avait fait son œuvre… La majorité des inscriptions qui y figuraient en étaient devenues invisibles et illisibles pour les mieux conservées.
L'inspecteur du se rendre à l'évidence, ce n'était pas ce matin encore qu'il viendrait à bout de ce mystère.

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