Anathème # 66
Les cris avaient cessé et petit à petit, la salle retrouva son calme et se désemplit doucement… Vic, abandonnée de tous fût ainsi laissée seule, pantelante au travers du bloc de granit … Près d'une bonne heure et demie passa, sans que plus rien ne se passe!!La procession traversa ainsi la route et la petite place engazonnée du village qui séparée la maison et la petite église.
On avait revêtu Vic d'une robe de lin blanche très longue avec des manches amples et un capuchon posé sur le sommet de sa tête qui cachait en partie son visage. Pieds nus, elle avançait comme dans un rêve, les yeux vides de toutes expressions. Deux hommes la soutenaient par la taille et par un bras. Les gestes étaient doux et tendres… L'ambiance de cette scène aux allures de mystère et d'épouvante, dans la nuit lunaire, aurait surpris plus d'un quidam peu averti de ce qui se tramait à La Capelle Coterie. Cette vision lugubre d'irréel et de satanisme l'aurait choqué au plus haut point!!
Au contact de l'air frais du dehors, Vic releva le nez en l'air, les étoiles virevoltées dans ses yeux qu'elle referma aussi tôt!! Elle respirait maintenant goulûment cet air pur, qui lui tombait dessus!! Comme toute personne qui a été privé d'air sain, elle ouvrir la bouche et s'emplit les poumons et le nez comme pour revivre à nouveau. Les mauvaises odeurs de cire chaude, de fumée, de sueur et de corps surchauffés disparurent peu à peu de ses narines…
Derrière Vic, l'assemblée d'hommes et de femmes suivait le cortège en entonnant un chant aux paroles presque inaudibles. Ces paroles soit à la gloire de dieu relataient surtout l'amour et tous les pêchers de luxure recensés par l'église. En fait, contrairement à l'habitude, ces paroles les sanctifiaient!! Le son s'élevait et s'éteignait pour recommencer à nouveau puis s'éteignaient en doux murmures. Tout ce manège continua que le temps de parcourir les quelques mètres qui séparaient la maison de la porte de l'église. A cet endroit toute la procession devint muette. Le silence n'était il pas de mise dans une église??
Les deux portes centrales s'ouvrirent d'un coup et toute l'assemblée se dirigea lentement à l'intérieure. L'air y était glacial, sentant moisi et renfermé… Vic ne perçu rien de tous ces relents à ses narines…
Au pied de l'autel, déjà des personnes attendaient debout, réparties de chaque coté, là aussi, tous portaient un masque vénitien.
Un des hommes qui soutenait Vic se plaça devant elle et se pencha passa ses mains sous la robe. Il enserrait ses chevilles dans un geste tendre et sensuel et commença à remonter le long de son corps. Ses mains glissaient maintenant sur ses jambes, ses genoux … Tout en remontant la robe, les gestes se faisaient plus précis, plus sensuels. Arrivées aux cuisses, les mains glissèrent et escaladèrent les fesses. Vic encore une fois, incroyablement réceptive, laissa échapper un soupir voluptueux en dodelinant de la tête. L'homme qui la soutenait par le bras dû la tenir plus fermement pour ne pas qu'elle s écroule sous les caresses prodiguées par son acolyte.
Son tortionnaire continua ses gestes en remontant la robe, ces mains caressaient maintenant le ventre et le dos, les deux mains prirent possession des seins de Vic tout en douceur, les doigts tournaient tendrement sur les auréoles, les paumes les emprisonnaient, les mains se plaçaient en coupes sous les seins de la jeune femme et les soupesaient délicatement. L'homme ne manquait rien du spectacle qui se déroulait sous ses yeux, le corps de Vic répondait à toutes les caresses, les attouchements malgré la très haute fatigue qu'elle ressentait dans son corps et dans son âme. Les moindres frôlements, la faisaient frémir de la tête aux pieds, comme secouée par un lent mais long courant électrique. Tous ses muscles n'étaient que tremblements permanents. Par moment, elle ne pouvait bouger, les membres tétanisés par le froid et la fatigue.
Tout à coup la robe se retrouva par terre pour laisser la jeune femme encore une fois nue aux regards de tous. Toute cette scène était tellement déplacée dans ce lieu…
Un des deux hommes enlaça la jeune femme et la souleva de terre comme s'il s'agissait d'une enfant. Il l'éleva dans les airs et la déposa avec maintes précautions sur l'autel où tous les dimanches, par le passé, se pratiquaient les offices religieux!!
D'un coup, la voix d'un homme monta dans l'air glacial de l'église. Une silhouette haute perchée, dans la chaire s'agitait face à ses drôles d'ouailles. Bientôt débuta un sermon des plus original.

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