Anathème # 62

Une litanie faite de gémissements, de cris et de vagissements fait  échos à tout ceux que Vic vient de pousser !! Ils se prolongent encore un long moment avant que le silence revienne dans la petite salle. La jeune femme reste pantelante aux bouts de ses chaînes et est exténuée. La tortionnaire, inondée par sa victime s'extirpe de sous le corps de la prisonnière. Elle enlève avec précaution le masque qui occulte son visage… Ami apparaît enfin aux yeux de son amante, qui, un peu surprise sort de sa léthargie. Peu à peu, le public se réajuste et redevient très digne. Les deux hommes de mains de tout à l'heure réapparaissent et viennent libérer Vic de ses attaches brinquebalantes.  Avec soin, ils soutiennent ce corps devenu amorphe et  soulèvent l'héroïne de la soirée. Tout deux en parfaite synchronisation la déposent comme une obole sur l'autel de pierre qui trône non loin de là.Trois hommes, masqués évidement, jeunes selon toute vraisemblance sortent du rang des spectateurs. Ils approchent Vic doucement et ne sont vêtus que de pagne égyptien à la manière des esclaves des anciens temps. Chacun tient un objet différent. Une chandelle de couleur rose pour l'un, un encens se consumant en volutes raffinées pour l'autre, une amphore d'huile pour le troisième et enfin une jarre pleine d'eau limpide pour le dernier. Une femme aussi s'approche tenant une petite jarre de terre cuite odorante. Des pétales de roses y sont renfermés. Tous quatre déposent leur offrande au pied de l'autel et chacun s'affaire…

La bougie est allumée et parfume vite l'atmosphère restreinte de la pièce. L'encensoir est passé tout près et tout autour de la suppliciée. Rapidement, de longs tentacules fumigent le corps inerte de Vic. Un serpentin d'arabesques compliquées enroule son anatomie nue. Les fumerolles exhalent leur odeur entêtante de roses et se mélangent à celle de la bougie de même parfum. La jarre d'eau limpide est approchée, la femme jette négligemment dedans quelques poignées de pétales de roses et de pensées. L'eau ainsi aromatisée est aspergée en fines gouttelettes sur le corps de Vic à l'aide d'un goupillon. Ami, réparait alors, vêtue de son costume de cérémonie et prononce, une incantation…

- “Vénus, j'en appelle à toi…Couvre ce corps de la douceur de la rose, couvre ce corps de la puissance de la pensée… Par cette eau qui le purifie, fait que mon amie se souvienne de nos amours, fait que mon amie me prodigue son amour. Ainsi soit-il.”



Article ajouté le 2008-07-23 , consulté 5 fois

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