Anathème # 48

De ma cachette, j'entends distinctement le bruit mouillé de ce sexe trempé de femme qui est à quelques secondes d'être terrassée par un exceptionnel orgasme. Je vois ses jambes trembler et tout son corps se raidir. Sa respiration est saccadée, des paroles incohérentes sorte de sa bouche, elle demande à grands cris la jouissance!! Elle supplie le prêtre de la prendre et se dit au bord du gouffre de la folie. Ses supplications deviennent des gémissements.  
La frénésie est à son comble. Les lamentations se font cris et augmentent. Les mouvements s'accélèrent encore plus, comme pas possible. Les souffles deviennent vite incontrôlables et tout à coup tout devient fou. Les mains atteignent une vitesse folle, les jambes tremblent, le sexe du prêtre frémit et à la dernière minute, il bascule la tête vers l'arrière et s'abandonne au plaisir fou de l'orgasme temps désiré. Son sperme gicle sur le visage de la femme qui jouit, elle aussi au même moment. De grandes giclées crémeuses viennent s'abattre et glisser sur les seins de la belle impure.
Je suis une nouvelle fois émue de voir cet homme d'église dans ce moment d'excitation extrême. Tellement émue même, que j'entends à peine le son de la voix du jeune curé qui s'élève dans la pièce. J'y porte soudainement attention et je comprends tout à coup que ma présence que je croyais invisible ne l'était nullement. J'entends claquer mon nom dans le silence glacial de l'église !! 

«Pourquoi Constance reste tu cachée derrière cette porte? Pourquoi ne viens-tu pas profiter de ton curé? Il ne demande qu'à satisfaire ses ouailles et tes envies de femme? Toute tes envies, charnelles, sexuelles, et évidemment spirituelles. Tu sais très bien que le plaisir des sens nous a été donné par Dieu lui-même!! De tout ce qu il y a sur terre, c'est le plus beau cadeau donné à l'être humain. Aller vient donc me rejoindre!!»


Je crois m'évanouir tellement je suis surprise et mal à l'aise d'avoir été prise en flagrant délit de voyeurisme. Je me sens aussi mal de penser que cette femme est maintenant au courant de ma présence dans ce lieu!! La prochaine sortie des classes va être tendue. Je demeure sans voix et tout ce que je trouve à répondre à l'abbé Antonin c est :

«Pardon!! Pardonnez-moi, mon père, j'aurai dû me manifester plus tôt…»

 Et sans attendre mon reste je m'éloigne au pas de course pour me retrouver enfin à l'air libre.



Article ajouté le 2008-07-09 , consulté 11 fois

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