Anathème # 46

Vic retrouve sans difficulté là où s'est arrêtée sa dernière lecture et comme intriguée, lit la suite…
Je viens de finir mes heures de classes et je décide d'aller faire une petite balade en espérant que l'air frais de la saison d'automne me redonnera des couleurs aux joues.
En passant devant l'église je me demande ce que peut bien faire le père Antonin et s'il est là, cloîtré dans son église de luxure?
J'entre par la porte sur le coté et de la sacristie, un petit couinement attire mon attention.
Une certaine réserve me dit de garder le silence. Je suis tout de même dans une église. Mes yeux s'habituent à la pénombre et bientôt je distingue dans un coin du « Saint Bâtiment » une forme  dans l'ombre, je me faufile derrière la porte et me cache sans faire de bruit.
Les petits sons qui parviennent à mes oreilles sont assez significatifs. Des soupirs, des grincements réguliers et en rythmes plus ou moins soutenus se font entendre. La silhouette s'agite légèrement recourbée sur elle-même. 
 

Je garde le silence et continue d'épier l'attitude équivoque de ce corps mystérieux. Des sortes de va et vient de la main plus ou moins rapides se révèle à moi à la mi hauteur de cette stature. A n'en pas douter, c'est une femme en robe…

La lumière du jour est maintenant à son déclin, mais elle me laisse tout de même entrevoir  des mouvements qui  s'accentuent sans toute fois pouvoir vraiment distinguer les traits de cette forme en mouvement. Je vois juste le profil et le geste répété, langoureux, sensuel en question. La tête à un moment bascule vers l`arrière et j`entends aussi comme un souffle qui monte, qui s'excite.

« Est-ce possible?? Serait-ce lui??»

D'un mouvement assez lent, le corps se penche vers l'avant et remonte un tissu vers sa gorge. Je comprends ce à quoi j'assiste d'une manière indélibérée.  Oui, c'est bien mon petit curé qui retrousse sa soutane et son cotillon. Il la bloque sous son menton pour permettre une liberté à ses mains de pouvoir caresser son sexe que maintenant je découvre clairement à la lueur de la fenêtre toute proche.
Je me rends compte que mon souffle s'accélère à la vue de ce membre raidi par le plaisir. De voir sa main s'activer ainsi sur son sexe et d'entendre le souffle accéléré du prêtre, des souvenirs remontent à ma mémoire. Je me revois dans le cagibi, j'ai encore le souvenir du souffle fou du prêtre sur ma nuque, ses mains tremblantes sur ma chair. La chaleur qui règne dans cet endroit réduit, l'odeur de nos deux corps surchauffés m`ayant fait perdre la tête. Tout remonte en moi comme si seulement quelques heures s'étaient écoulées,
Je  me force  à reprendre le contrôle de mes sens et rester simplement qu'une observatrice. La scène qui se joue sous mes yeux me trouble et m'excite terriblement. Cependant, je ne dois en aucun cas me faire découvrir, je dois rester discrète, invisible.



Article ajouté le 2008-07-05 , consulté 8 fois

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