Anathème # 31
Vic termine de préparer tranquillement son repas lorsque sonne le téléphone. C'est Ami qui vient elle aussi d'achever sa dure journée de travail.Elle demande des nouvelles, confirme pour le lendemain… Puis de nombreux mots d'amours fusent de toutes part, les deux jeunes femmes ressentent la même chose l'une face à l'autre…
«Oui, ça sera alors, avec un plaisir partagé que demain l'on se retrouvera!!» Lance Amélie en guise de conclusion avant de raccrocher.
Les yeux de Vic tombent sur le cahier tout proche du téléphone, elle s'en empare, l'entrouvre et le referme!!
« Non pas là, pas tout de suite!! Je vais lire ça dans un bon bain chaud!!»
Elle se dirige vers la salle de bain où déjà l'eau coule dans la baignoire.
Une épaisse mousse surnage et c'est avec délice que Vic se laisse doucement descendre au fond. Le métal est chaud sur son corps immergé, la mousse fraîche à ses contours…
Elle ferme les yeux pour mieux goûter son plaisir et s'abandonne au moment de cette intense relaxation. Sa main attrape enfin le fascicule trouver quelques jours avant, là haut à La Capelle Coterie et en tourne les pages jusque là où sa précédente lecture c'est arrêtée.
Elle relit, comme pour bien vérifier si l'autre jour elle n'avait pas rêvée, tout ce texte incroyable:
« L'odeur de l'amour terrestre y règne… Deux corps sont enlacés sur un banc, un homme et une femme dans un état second se remettent aussi de leurs émotions, les bras comme en croix. Est-ce une église ou le repère de Satan ? Je n'attendant aucune réponse à cette question de mon subconscient et fuis me réfugier à l'école honteuse et la fois heureuse du plaisir retrouvé… » Non, tout encore y est !!
Sur la page suivante, une main a écrit..
Ce matin, une femme que j'ai reconnue aux premiers coups d'œil est venue me faire passer un message de la part de l'abbé Antonin. Cette femme fût ma compagne de plaisir, il y a quelques jours au confessionnal. Toute suite, je l'ai revue, jambes ouvertes, toison dégoulinante, offerte à mes yeux inquisiteurs. Un sourire narquois flottait aux commissures des lèvres de la belle. Oui, on peut l'appeler ainsi, car c'est une vraie beauté qui je l'avoue m'a énormément troublé aux doux souvenirs de notre orgasme commun, passé.
Le père me donne rendez-vous, si je puis m'exprimer ainsi, ce soir à l'église… Vais-je y aller ?? Que dois-je faire ?? L'envie me taraude de savoir et pourquoi pas d'y revivre un petit ou voir même un gros quelque chose de défendu !! Mais tout ça, est-ce bien raisonnable ? Je me le demande… Et comment risque de finir tout ça ? Un danger autre ne rôde t-il pas ? Le message donné, la belle a disparu côté presbytère d'un pas nonchalant et ondulé. Elle savait que je l'observais, restée sur le seuil de l'école…

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