Anathème # 29
Le souffle encore court, les fesses en feu Ami retourne à l'eau. La fraîcheur calme peu à peu la fièvre de ses chairs. Vic nage toute proche d'elle… Des regards de franches connivences se mirent au fond dans chaque pupille. Elles passent un long moment calme d'abord au pied de la petite chute d'eau à se baigner puis en dessous, en équilibre sur une roche !! Le débit brutal mais peu fournit masse agréablement les membres, le dos, le ventre… Les corps s'amollissent et la fatigue gagne. Elles se reposent un peu sur le plaid au soleil, s'ensommeillent, discutent des sensations qu'elles viennent chacune d'elle d'éprouver, d'amour et de tendresse… Le jour commence à décliner, il est temps de rentrer à St Colimard et Vic enfin chez elle !!Ce week-end restera à n'en pas douter, un moment des plus inoubliable de la vie de nos deux comparses. Le retour est rapide. On se sépare assez vite, se donnant rendez-vous pour mardi prochain, là haut directement à La Capelle Coterie. On y continuera les visites, les dossiers et les mises en ventes des biens… Ami devrait y prendre des photos, elle va mettre tout cela sur le site Internet de son agence immobilière !! Vic, monte quatre à quatre l'escalier qui mène à son appartement…
Dans l'entrée, sur le meuble, son regard croise le cahier d'écolier jaunit. Elle pense étonnée, approchant la main et le caressant du bout des doigts comme un vieux parchemin précieux !!
Tiens!! Je n'ai même pas pensé à ce truc depuis vendredi soir… N'est pas merveilleux??»
La soirée est courte. Ces deux derniers jours ont été si intenses que le sommeil arrive sans trop y penser. Les rêves se font sensuels et doux, sans trop d'images extrêmes. Le cerveau n'a retenu que le plaisir en sa globalité, fessée incluse…
Victoria dort encore à poings fermés lorsque le réveil se fait entendre à tue tête sur la petite table de nuit. Le soleil traverse déjà les persiennes à clair voie et un rayon s'est posé sur l'oreiller, tout près de la joue gauche de Vic. Une douce chaleur envahie son visage peu à peu, comme une caresse, à peine posée sur sa peau bronzée de fin d'été. Elle ferme les yeux et décide que l'agence peut bien encore, attendre un peu, et s'étire doucement. Elle déplie un à un ses membres endoloris et s'étend sur son lit, repoussant du bout de son pied le drap fin de soie. Sa fine nuisette est remontée bien au dessus du ventre, son plat se bombe un peu sous ses étirements, son dos se cabre et fait ressortir ses seins de sous le vêtement de nuit. La jambe droite qui a repoussé la literie est tendue complètement et la gauche repliée. Ecartée presque à l'équerre sur le côté, les muscles tendus elle se sent bien… Déjà le soleil surchauffe un peu la petite chambre et son pubis nu profite, offert à la privauté et la tiédeur de l'astre Phébus !! Une belle et bonne journée, chaude, s'annonce dés ce matin.
Abandonnée au moment, son esprit vagabonde sur la vague de toutes les voluptés connues la veille, dans les bras de son amante et amie. Elle n'a jamais vécu un tel amour… Elle revoit les yeux clairs de la jeune femme la transperçant, son corps musclé contre le sien. Sur ses lèvres, elle ressent encore les petites morsures impatientes de celle qui lui a tant murmuré de mots doux à l'oreille. Elle perçoit toujours sur ses propres chairs, ces mains prévenantes et tendres qui lui ont tant procuré de plaisir. Ces mains, distribuant, inlassables, de si bonnes et si longues mignardises à son corps suppliant. Elle revoit aussi, les cuisses charnues, ouvertes et impudiques sur une vulve dégoulinante de miel odorant et goûteux. La sensualité de tous ces moments exceptionnels que déjà, elle aimerait revivre intensément.
Vic, sous l'emprise des souvenirs, retrouve dans son corps ce feu, qui l'a tant agitée la veille.
Son émoi recommence à se manifester… Aussi, décide t-elle de se lever bien vite, avant de sombrer une nouvelle fois en état de grâce. Elle sait que, bientôt, le risque est grand et que cet alanguissement est dangereux… Revivre de telles scènes toutes plus brûlantes les unes que les autres ne vont pas faciliter, loin sans faut, l'ouverture de l'agence à une heure convenable. Aussi, elle s'extirpe sans traîner plus longtemps de ce lit où déjà certaines effluves ne trompent pas !! L'envie amoureuse, sournoise, a déjà pointé au creux du compas de ses jambes fuselées…

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