Le Hammam. ( de Panthérazelle)
Le Hammam…… (de Panthérazelle)
Il est 17h30, j'étais là, assise sur le bord de son lit, à me demander si je prenais une douche chez elle où aller au hammam pour me détendre. Je me décide pour le hammam, j'ai besoin de détente et d'un moment pour moi seule. J'ouvre la fenêtre de ma chambre et sous mes yeux Marrakech se réveille elle aussi pour accueillir son monde, ses senteurs, ses voix, son peuple, ses touristes…. Je prépare mon trousseau de bain, mes vêtements de rechange, mon peignoir et serviette et me voilà partie, à me fondre dans cette fourmilière de gens.
Je me dirige vers la place la plus célèbre de marrakech : Jemaa al Fna. Une place qui n'a pas son pareil. C'est un lieu de rencontre entre les marchands, les vendeurs de camelots, réunit tous les métiers traditionnels, allant du diseur de bonne aventure au conteur, ainsi que les musiciens, danseurs, charmeurs de serpents. J'aurais bien aimé y flâner un peu, mais l'appel du hammam est trop forte. Je traverse la place, me faufile dans une petite ruelle et pousse une petite porte. Je descends quelques marches et me voici devant une porte très lourde. Je frappe et une femme m'ouvre. C'est laGuelassa (le surveillante des lieux) l'accueille avec le sourire. Il y a des bancs tout autour, une fontaine au centre de la pièce, tout est carrelé au zelij (carrelage type mosaïque). Je règle le droit d'entrée ainsi qu'une location d'un casier pour y mettre mon sac d'affaires. Je m'installe sur un banc, commence à me déshabiller sous le regard des autres femmes déjà là. Je prend ma trousse et demande à bénéficier des services de la masseuse.
En entrant dans le hammam, je me laisse aller, j'oublie le quotidien
au vestiaire pour retrouver mon corps, ressentir les émotions, laisser
émerger mes plus intimes sensations mais aussi me laisser envouter par
la simplicité intemporelle et contemporaine des lieux, me laisser
porter volontairement par l'indicible, accepter l'existence d'un savoir
magique, comme une vision organisée du monde. Et deviner la présence
des djinns, ces esprits du hammam, qui habitent un monde invisible,
calqué sur le nôtre. Il y a comme un pacte entre les hommes et les
djinns. Ces derniers d'après les dires, sont bienveillants ou
malveillants.
Bref, je suis venue pour me détendre et tout oublier. Cet endroit est
magique, il encourage le vagabondage de l'esprit, il incite à la
méditation et ressource le corps. C'est un endroit que j'aime car il
gomme les différences et où le paraitre s'estompe derrière l'être.
La guelassa pousse vers moi quatre seaux vides que je vais remplir au fur et à mesure pour me laver. J'entre dans la première pièce, je pousse mes seaux et les remplis un à un. Je me dirige vers la deuxième porte. Je la pousse et là une chaleur presque étouffante me colle au corps. A travers un petit brouillard, je distingue trois femmes. Chacune à son rythme, vaquait à son bain. L'une d'elle me cria de refermer très vite la porte à cause des courants d'air… Je m'exécute sur le champ. Je trouve un endroit où m'installer et vais récupérer un à un mes seaux restés de l'autre côté.
Je m'assieds sur le sol bien chaud, pris le bol en plastique pour prendre l'eau dans un seau et me mouiller avec. La masseuse m'avait suivit et me passa le savon noir (gommant pour le corps), sur tout mon corps. Elle me conseilla d'aller dans la troisième pièce plus chaude pour me détendre, mais aussi pour le savon fasse son effet pour extraire toutes les impuretés. J'acquiesce et me voilà allongée sur le dos, je ferme les yeux pendant une dizaine de minutes et tout d'un coup plus aucun son dans la pièce d'à côté. Je me lève, entrouvre la porte et à ma grande surprise, j'étais seule. Il n'y avait que mes affaires. Je referme la porte et retourne à ma place. Je me glisse sur le sol, attache mes cheveux et laisse mes yeux essayer de voir à travers cette atmosphère chaude et humide. Je suis fatiguée et ferme les yeux à nouveau.
Je manquais presque d'air, mais c'était tellement relaxant. Au bout de quelques minutes, je sentis une main sur mon épaule, je n'ai pas osé ouvrir les yeux à cause de toutes ces histoires de djinns. Elle descendit le long de mon bras, pris un à un mes doigts. J'avais du mal à respirer, mon cœur battait un peu plus vite. J'étais là à attendre, ne sachant quoi faire. Puis plus rien, j'ai entrouvert un œil, mais il n'y avait personne !!!! je voulais appeler la guelassa, mais aucun son ne sortit ou plutôt je n'ai pas tenté. Quand tout d'un coup, ce n'était plus une main, mais deux qui remontaient le long de mes jambes. Elles étaient douces, elles prenaient leur temps. Elles continuaient leur ascension pour finalement s'arrêter sur mes cuisses et là les doigts étaient plus doux, plus insistant sur certaines parties. J'entendais une respiration au dessus moi, je retenais la mienne, j'avais à la fois peur et en même temps j'étais intriguée de savoir ce qui allait se passer. Les mains écartèrent mes cuisses, je n'ai manifesté aucune résistance. Mais je savais qu'il y avait quelqu'un, un homme, une femme ??? Il se racontait tellement de choses sur les hammams, je ne sais pas, mais les caresses se faisaient lentes et douces, agréables, je frissonnais de plaisir. Tout mon corps était relâché, détendu… J'attendais…. les mains glissaient sur mon corps, je sentais un poids au dessus de moi. Qui est-ce ? Sa respiration était rapide. Quelqu'un me disait : ouvres les yeux !!!! mais je n'avais aucune force et volonté pour le faire. Il ou elle continuait de me caresser, une main sur ma poitrine à titiller mon mamelon et par moment une langue s'y mêlait. L'autre s'aventurait entre mes cuisses chaudes et en même temps comme offertes à cet(te) inconnu(e). Je me laissais aller à ma torpeur, tous mes sens étaient en éveil. De ma poitrine, la main remonta sur mon cou pour venir dessiner le contour de ma bouche, malgré moi elle s'entrouvrir comme une offrande. hummm ! sentir se souffle au dessus moi, j'avais envie d'être embrassée. Comme si on lisait dans mes pensées, je fût exaucée. Des lèvres douces et fermes à la fois. Sa langue se fraya un chemin entre mes lèvres pour venir à la rencontre de la mienne, elle était chaude, humide et agréable. Je me suis permis de répondre à ce contact et me voilà partie dans un long baiser où nos langues se faisaient l'amour, glissaient l'une sur l'autre et par moment je me surprenais à prendre sa langue dans ma bouche comme une friandise. Mes mains étaient là sans aucune réaction, paradoxalement j'aimais ses caresses mais j'étais comme paralysée.
Son autre main glissait entre mes cuisses. Je sentais qu'il ou elle m'écartait les lèvres pour venir poser un doigt sur mon clito, le caresser. Je n'en pouvais plus, trop de sensation à la fois. J'étais comme prisonnière et je ne voulais pas que ça s'arrête. Sa langue se faisait insistante et au même moment, je sentis qu'il ou elle introduisait un doigt à l'intérieur de mon vagin… je retenais mon souffle là, surprise !!!! Ce doigt pénétra lentement, très lentement, mon bassin bascula et le mouvement de va et vient fut doux et lent pour vite s'accélérer, j'avais chaud, j'avais envie de hurler tellement l'intensité de ce contact fut forte. Un autre doigt rejoignit l'autre et me voilà transporter de plaisir, je n'avais qu'une seule envie que ça ne s'arrête pas. C'était un mélange d'excitation, de peur, de soumission, tout était là. Ses lèvres abandonnèrent les miennes, ses doigt aussi. Je me suis sentie transporter et retourner comme une crêpe. Et me voilà sur le ventre. Je pris mon courage à deux mains pour enfin ouvrir les yeux, mais je ne voyais toujours rien, la personne qui était avec moi, était derrière moi à me caresser les cuisses, les fesses, et avec un doigt à remonter le long de ma colonne vertébrale. Je sentais toujours son souffle sur moi. On m'écarte à nouveau les jambes et là il me pénétra avec force. Oui, c'était un homme, il avait les mains douce d'une femme, mais aussi un parfum que j'aurais attribuer à une femme. Dans mes doutes, j'ai préféré ignorer tout cela et me laisser faire. Je sentis son sexe faire son chemin, il alla et vint en moi avec violence pour finir par ralentir le mouvement et là, je ne pus m'empêcher de l'aider, je pris ma tête entre mes mains, souleva mon bassin et le poussa vers lui. Oui qu'il continue, oui, qu'il ne s'arrête pas !!!!!! C'était presque un éclair, je n'avais qu'une seule envie, qu'il ne me lâche pas. Je mordais mes lèvres pour ne pas laisser échapper un son de peur de me réveiller peut être. Je le laissais faire. Je sentais ses cuisses claquaient contre les miennes, ses mains sur mes fesses. A chacun de ses coups de reins, mes seins allaient et venaient. Je n'en pouvais plus, ça devenait presque brutal. Il allait de plus en plus vite et plus profondément. Mon bas de ventre bouillonnait, je n'en pouvais plus, non, je ne pouvais pas rester là sans rien faire, j'ouvris ma bouche pour crier, tellement c'était fort et bon à la fois. Mon cri raisonnait dans la pièce. Je le suppliait d'arrêter et il ralentissait le mouvement et la seconde d'après j'en voulais plus en lui demandant de continuer. J'étais dans une totale dépendance. J'étais sa chose et il faisait de moi ce qu'il voulait. Son sexe vibrait et grandissait en moi, plus il prenait de la place et plus mon plaisir était accru. Ma tête allait de droite à gauche pour rythmer ses mouvements.
La pièce tournait autour de moi. Il se pencha sur mon dos, caressa mes seins, déposa un baiser sur mon épaule… Mon excitation était si forte, je le sentais venir, il n'étais pas loin d'éjaculer… Il accéléra ses mouvements, je n'arrivais plus à respirer, j'avais l'impression que mon vagin grandissait, que j'étais ouverte au maximum, mon orgasme n'était pas loin lui aussi. Il respirait fort de plus en plus, ses doigts agrippaient mes hanches, il me faisait mal et avant que je ne le dise, il poussa un râle et se laissa aller. C'était comme une explosion, mes jambes tremblaient, mes bras ne me tenaient plus, je me suis couchée sur le ventre pour reprendre mon souffle, l'homme derrière moi me caressa les cheveux, posa ses lèvres sur ma nuque en descendant lentement jusqu'au creux de mes reins. Il prit à grandes mains mes fesses et les embrassa…. Le temps que je reprenne mon esprit, je me lève et me retourne, il n'y avait plus personne…. juste le brouillard de la pièce. Mon cœur se calmait petit à petit, je n'ai pas osé bouger de la pièce. L'instant d'après, la guelassa me dit de sortir et de finir de me laver car il sera bientôt l'heure de fermer le hammam. Elle posa sur moi un regard curieux…. J'ai voulu la questionner sur l'inconnu, mais une voix à l'intérieur me disait de garder le secret. Le temps de me rincer, m'habiller, me voilà dehors… Il faisait nuit, je décidais de rentrer chez moi, et sur le chemin, à chaque regard d'homme, je me disais : est-ce lui ??? ou simplement me suis-je laissée aller à une rêverie au hammam…..
(Un grand merci à Panthérazelle, mon amie, pour cette belle participation. Ta plume est emprunte d'un joli exotisme pour cette contribution originale et colorée. A quand le prochain texte? Que j'ai le plaisir de t'ouvrir une section à toi toute seule!!)

Commentaires